Publié le 25 février 2026. Une étude révolutionnaire révèle que les « super-âgés », des personnes de plus de 80 ans dotées d’une mémoire étonnamment vive, produisent un nombre significativement plus élevé de nouveaux neurones que leurs pairs, ouvrant de nouvelles perspectives dans la lutte contre les maladies neurodégénératives.
- Les « super-âgés » génèrent entre deux et deux fois et demie plus de nouveaux neurones que les personnes âgées en bonne santé ou atteintes de la maladie d’Alzheimer.
- Cette neurogenèse accrue se produit dans l’hippocampe, une zone du cerveau cruciale pour la mémoire.
- Des différences épigénétiques uniques ont été identifiées chez les super-âgés, suggérant une meilleure adaptation de leurs cellules au stress environnemental.
Des chercheurs de l’Université de l’Illinois à Chicago, en collaboration avec le programme SuperAger de l’Université Northwestern, ont publié leurs découvertes dans la prestigieuse revue Nature. L’étude, menée sur des cerveaux donnés, a révélé que les super-âgés, définis comme des individus de plus de 80 ans dont les performances en matière de mémoire épisodique sont comparables à celles de personnes dans la cinquantaine, présentent une activité neuronale exceptionnellement élevée.
Depuis plus de 25 ans, les scientifiques de Northwestern étudient les super-âgés, identifiant déjà des différences biologiques et comportementales, comme un ralentissement de l’amincissement cortical et un fort engagement social. Cette nouvelle recherche identifie pour la première fois une différence génétique significative entre les super-âgés et les personnes âgées typiques.
La neurogenèse, le processus de création de nouveaux neurones, tend à ralentir avec l’âge. Cependant, chez les super-âgés, ce processus reste remarquablement actif. Les chercheurs pensent que cette capacité pourrait être un facteur clé de protection contre le déclin cognitif. À l’inverse, les cerveaux de nombreux patients atteints de la maladie d’Alzheimer présentent une faible croissance neuronale, suggérant un lien direct entre la perte de neurogenèse et les troubles cognitifs.
« Nous avons toujours dit que les super-âgés démontrent que le cerveau vieillissant peut être biologiquement actif, adaptable et flexible, mais nous ne savions pas pourquoi », a déclaré Tamar Gefen, professeure associée de psychiatrie et de sciences comportementales à la Northwestern University Feinberg School of Medicine et neuropsychologue au Mesulam Institute for Cognitive Neurology and Alzheimer’s Disease.
« Nous avons toujours dit que les super-âgés démontrent que le cerveau vieillissant peut être biologiquement actif, adaptable et flexible, mais nous ne savions pas pourquoi. »
Tamar Gefen, professeure associée de psychiatrie et de sciences comportementales à la Northwestern University Feinberg School of Medicine
L’étude a également mis en évidence des signatures épigénétiques uniques chez les nouveaux neurones des super-âgés, leur permettant de mieux répondre aux changements environnementaux et au stress. Les chercheurs envisagent désormais d’étudier plus en détail l’influence des facteurs environnementaux et du mode de vie, tels que l’alimentation et l’exercice physique, sur la neurogenèse et le vieillissement.
Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques visant à stimuler la fonction cognitive et à prévenir les maladies neurodégénératives.