Publié le 8 février 2026 à 06h26. Une nouvelle piste thérapeutique se dessine dans la lutte contre l’endométriose : des gynécologues néerlandais ont utilisé pour la première fois des inhibiteurs de contraction, avec des résultats encourageants, et cherchent maintenant des financements pour poursuivre leurs recherches.
- Des inhibiteurs de contraction, habituellement utilisés pour ralentir les accouchements prématurés, pourraient soulager les douleurs intenses liées à l’endométriose.
- Une étude pilote menée par le Radboudmc à Nimègue a montré une réduction significative de la douleur chez une patiente.
- Environ 400 000 femmes aux Pays-Bas sont touchées par l’endométriose, une maladie souvent mal diagnostiquée et traitée.
L’endométriose se caractérise par le développement de tissus similaires à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus. Cette prolifération peut entraîner des adhérences, une rétention d’eau et des douleurs importantes, notamment pendant les règles, la miction, la défécation ou les rapports sexuels. Dans les cas les plus sévères, elle peut compromettre la fertilité.
Chantal Spaan, 37 ans, témoigne de la souffrance causée par cette maladie. Elle souffre de règles extrêmement abondantes depuis l’âge de 13 ans. « On m’a prescrit la pilule, mais cela n’a aidé que temporairement », explique-t-elle. Ses douleurs sont désormais constantes, jour et nuit, irradiant dans ses cuisses, son dos et son bassin. Elle a dû abandonner son travail d’assistante maternelle en raison de l’intensité de la douleur.

Longtemps négligée, l’endométriose a souvent été minimisée par les professionnels de santé. « J’ai été renvoyée de nombreuses fois, mes plaintes ont été banalisées », déplore Mme Spaan. Elle a finalement consulté le Dr Bertho Nieboer, gynécologue au Radboudmc, spécialisé dans l’endométriose. C’est lui qui a initié une étude pilote visant à réduire la douleur grâce à une approche innovante.
Mme Spaan a reçu des inhibiteurs de contraction par voie intraveineuse pendant le jour le plus douloureux de ses règles. Ces médicaments sont habituellement utilisés pour freiner un accouchement prématuré. Elle a tenu un journal de bord de sa douleur pendant un mois avant et après le traitement. « C’était beaucoup plus supportable et moins douloureux. Parfois, la douleur disparaissait même complètement. » Elle a également ressenti une diminution des vertiges et des nausées.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires
Le Dr Nieboer insiste sur le caractère préliminaire de cette étude. Il est essentiel de vérifier l’efficacité du traitement et d’évaluer ses effets à long terme. « Il faudra des années avant que cette approche puisse être largement disponible », précise-t-il.
Le Dr Moniek van der Zanden, gynécologue au centre d’endométriose du centre médical Haaglanden, souligne également la nécessité de poursuivre les recherches. « Compte tenu du faible nombre de participantes, de l’absence de groupe témoin et de la voie d’administration (perfusion) peu accessible, plusieurs étapes de suivi sont nécessaires avant de pouvoir envisager une application à grande échelle. »
L’Association néerlandaise d’obstétrique et de gynécologie (NVOG) s’est montrée prudemment positive face à ces premiers résultats. « Cette étude pilote constitue une base solide pour des recherches ultérieures. Un nombre suffisant de patientes devra être inclus pour confirmer l’efficacité du traitement avec certitude. »
Mme Spaan, quant à elle, espère que cette piste thérapeutique sera poursuivie. « Cela m’a beaucoup aidée, et je suis triste de ne plus pouvoir bénéficier de ce traitement. Je serais heureuse de pouvoir venir à l’hôpital une fois par mois pour une perfusion si cela me permettait de vivre normalement le reste du temps. »