Publié le 2024-01-01 00:00:00. Alors que la campagne électorale bat son plein, les seconds couteaux des formations politiques néerlandaises sortent de l’ombre. Dans un débat télévisé, ils ont abordé des sujets sensibles tels que la politique économique du CDA et la sécurité, révélant des divisions marquées.
- Eelco Heinen (VVD), Hanneke Steen (CDA), Annabel Nanninga (JA21) et Esmah Lahlah (GroenLinks-PvdA) occupent des positions clés sur les listes électorales de leurs partis respectifs.
- La campagne de Geert Wilders (PVV) étant suspendue, son dauphin, Sebastiaan Stöteler, prend davantage de visibilité.
- Un projet du CDA d’instaurer une « contribution de liberté » via une hausse de la TVA a suscité de vives critiques de la part du VVD et de JA21.
- Une déclaration du PVV sur le taux d’immigration chez les suspects d’infractions a entraîné une passe d’armes entre Esmah Lahlah et Sebastiaan Stöteler.
- Le débat a également vu s’opposer Annabel Nanninga (JA21) et Jan Paternotte (D66) concernant une manifestation pro-palestinienne à La Haye.
Le paysage politique néerlandais voit émerger des figures moins médiatisées, appelées à jouer un rôle déterminant dans la formation des futures majorités. Chez les Libéraux (VVD), c’est Eelco Heinen, actuel ministre des Finances, qui occupe la deuxième place sur la liste, juste derrière Dilan Yeşilgöz. Le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (CDA) mise sur Hanneke Steen, une avocate forte de son expérience à la tête du Rijkswaterstaat (administration des routes et voies navigables). Annabel Nanninga, cofondatrice du parti Forum pour la démocratie (JA21) et sénatrice active, se place en deuxième position pour cette formation. Enfin, GroenLinks-PvdA, la coalition de gauche, a désigné Esmah Lahlah, ancienne conseillère et députée depuis fin 2023, pour ce rôle.
L’actualité a particulièrement mis en lumière le numéro deux du Parti pour la liberté (PVV). En raison de la suspension de la campagne de Geert Wilders suite à une enquête antiterroriste en Belgique, Sebastiaan Stöteler, eurodéputé et ancien huissier de justice, se retrouve propulsé sur le devant de la scène. Il assume désormais un rôle plus visible aux côtés du chef du PVV.
Lors d’un débat télévisé structuré, où Esmah Lahlah a parfois peiné à suivre le fil des discussions, les échanges ont porté sur plusieurs points cruciaux. Le projet du CDA d’une « contribution de liberté », une taxe additionnelle qui se traduirait par une augmentation de la TVA, a été vivement critiqué par Annabel Nanninga (JA21) et Eelco Heinen (VVD). Ces derniers estiment que cette mesure pèserait excessivement sur les ménages modestes.
Un autre sujet inflammable a été soulevé par le PVV, avec la déclaration : « Les Pays-Bas sont ruinés : 50% des suspects sont des immigrés. » Esmah Lahlah (GroenLinks-PvdA) a vivement réagi :
« Ce qui est ruiné ici, c’est cette déclaration. Vous mettez les gens en prison, mais vous n’avez ni plans ni solutions. Les victimes ne se soucient pas de la couleur de peau des gens. »
Esmah Lahlah, GroenLinks-PvdA
Face à cela, Sebastiaan Stöteler a affirmé :
« Nous trouverons des solutions et souhaitons investir dans la police. De plus, nous avons besoin d’un contrôle des demandes d’asile. Nous ne pensons pas que l’on puisse y parvenir uniquement grâce à des groupes de discussion. »
Sebastiaan Stöteler, PVV
Annabel Nanninga (JA21) a nuancé :
« Nous ne pensons pas que les Pays-Bas vont mal, mais la deuxième partie de la déclaration est un fait, on ne peut pas être contre ça. »
Annabel Nanninga, JA21
Le débat a également été marqué par un vif affrontement entre Annabel Nanninga (JA21) et Jan Paternotte (D66) concernant la manifestation de la « Ligne rouge » à La Haye. Nanninga a qualifié les participants, y compris le D66, d' »idiots utiles » et a déclaré qu’ils « faisaient le travail du Hamas ». Paternotte a répliqué avec véhémence :
« Un quart de million de personnes veulent que les Pays-Bas en fassent plus. Et vous dites : ils soutiennent une organisation terroriste. Complètement idiots. Je pense que Joost Eerdmans en a vraiment honte. »
Jan Paternotte, D66
L’histoire politique néerlandaise montre l’importance du « numéro deux » sur une liste électorale. Mona Keijzer, issue du BBB, a gravi les échelons pour devenir vice-Première ministre après avoir été deuxième sur la liste du CDA. Sophie Hermans, du VVD, a soutenu Mark Rutte pendant des années avant de devenir cheffe du groupe parlementaire. Pieter Omtzigt, fondateur du Nouveau Contrat Social (NSC), a débuté comme un fidèle second avant de fonder son propre parti.
Caroline van der Plas et Mona Keijzer, membres du BBB, s’en prennent : « Geert voulait sortir »