Publié le 2025-10-04 00:50:00. Des chercheurs de l’Université de Bath tirent la sonnette d’alarme : les moniteurs de glucose en continu (CGM), de plus en plus populaires, pourraient surestimer la glycémie, notamment chez les personnes en bonne santé, entraînant des ajustements alimentaires potentiellement inutiles.
- Les CGM pourraient indiquer des taux de sucre sanguin plus élevés que la réalité, selon une étude publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition.
- Ces appareils, largement utilisés par les diabétiques et même par les non-diabétiques, ne seraient pas fiables pour évaluer la réponse glycémique aux aliments.
- Une surestimation du temps passé au-dessus d’un certain seuil de glycémie a été observée, risquant de créer une inquiétude injustifiée.
Les moniteurs de glucose en continu (CGM) sont devenus un outil précieux pour le suivi de la glycémie, en particulier chez les personnes atteintes de diabète. Ces dispositifs se composent d’un capteur inséré sous la peau qui mesure le glucose dans le liquide interstitiel en continu. Un émetteur relaie ensuite ces informations vers un appareil portable ou une application mobile, permettant un suivi en temps réel. Leur utilisation s’est étendue au point d’être désormais accessibles sans ordonnance dans certains pays, y compris aux États-Unis. Cependant, une étude récente de l’Université de Bath soulève des questions quant à leur précision, suggérant qu’ils pourraient ne pas refléter fidèlement la réponse de la glycémie à différents aliments, ni mesurer de manière fiable l’indice glycémique (IG).
Javier T. Gonzalez, l’un des auteurs de l’étude, a précisé dans un communiqué de presse : « Les CGM sont des outils fantastiques pour les personnes atteintes de diabète, car même si une mesure n’est pas parfaitement exacte, il est toujours mieux que de ne pas avoir de mesure. » Cependant, pour les personnes en bonne santé désirant évaluer leurs réactions glycémiques aux aliments, les méthodes traditionnelles de mesure du glucose sanguin, comme le prélèvement capillaire, restent la référence.
L’étude, publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition, a comparé les résultats des CGM avec ceux obtenus par des tests sanguins capillaires chez 15 adultes en bonne santé. Les participants ont consommé divers aliments riches en glucides, tels que du glucose pur, des fruits entiers, des smoothies commerciaux, et ces aliments ont été administrés dans différentes conditions. La glycémie a ensuite été mesurée toutes les 15 minutes pendant deux heures, à la fois par CGM et par prélèvement sanguin.
Les résultats ont révélé que les CGM tendaient à surestimer la glycémie, avec une différence moyenne d’environ 0,9 mmol/L (millimoles par litre) par rapport aux tests capillaires. Cette différence variait en fonction de l’aliment consommé et de l’individu. Par exemple, un smoothie aux fruits a été classé comme ayant un IG moyen par le CGM, alors qu’il devrait avoir un IG faible. De même, des fruits entiers ont été mal classés avec un IG plus élevé que leur véritable valeur. Le plus préoccupant est la surestimation de près de 400 % du temps passé au-dessus d’un seuil de glycémie critique, ce qui pourrait inutilement inquiéter les utilisateurs.
« Pour les individus en bonne santé, le fait de compter sur des CGM pourrait conduire à des restrictions alimentaires inutiles ou à de mauvais choix alimentaires », a averti Gonzalez. Les chercheurs soulignent que la mesure du glucose dans le liquide interstitiel, plutôt que directement dans le sang, peut expliquer ces inexactitudes. Ils travaillent activement à identifier les sources d’erreur afin d’améliorer la performance future des CGM.