Publié le 20 février 2026 à 10h23. Une étude ouvre une voie prometteuse dans la lutte contre le syndrome de Lynch, une maladie génétique rare qui prédispose au cancer, avec le développement d’un vaccin expérimental qui pourrait prévenir l’apparition de tumeurs.
- Un vaccin (Nous-209) est en cours de test et a montré des résultats encourageants en induisant une réponse immunitaire chez 100 % des participants à l’étude.
- Le syndrome de Lynch augmente considérablement le risque de cancers du côlon, de l’endomètre, de l’ovaire et d’autres organes, souvent à un jeune âge.
- Le dépistage et la prévention, notamment par des chirurgies prophylactiques, sont actuellement les principales stratégies pour les porteurs de ce syndrome.
Des premiers résultats d’une étude publiée dans la revue scientifique Nature Medicine révèlent qu’un vaccin expérimental pourrait empêcher le développement de tumeurs chez les personnes atteintes du syndrome de Lynch. Cette avancée représente une lueur d’espoir pour les individus porteurs de cette maladie génétique héréditaire, qui augmente significativement le risque de développer divers types de cancer.
Le syndrome de Lynch, également connu sous le nom de cancer colorectal héréditaire sans polypose (CCHNP), est dû à des mutations dans les gènes de réparation des mésappariements (MMR), tels que MLH1, MSH2, MSH6, PMS2 et EPCAM. Environ une personne sur 280 à 300 en Italie est touchée, ce qui représente environ 215 000 individus porteurs de cette maladie, responsable d’environ 3 % des cancers colorectaux et 2 % des cancers de l’endomètre.
Actuellement, la stratégie préventive pour les porteurs du syndrome de Lynch est exigeante. Elle implique des coloscopies fréquentes, généralement annuelles ou bisannuelles, à partir de l’âge de 20 à 25 ans. En raison du risque élevé de développer un cancer colorectal, une colectomie (ablation chirurgicale du côlon) est souvent recommandée avant l’apparition de signes cliniques de la maladie. Des examens de dépistage d’autres cancers, tels que ceux de l’endomètre, de l’ovaire, de l’estomac et des voies urinaires, sont également effectués.
« Le syndrome de Lynch est une maladie génétique héréditaire autosomique dominante – explique le Dr Carmine Pinto, directeur d’oncologie médicale au Comprehensive Cancer Center de l’AUSL-IRCCS de Reggio Emilia –. Un parent porteur a 50 % de chances de transmettre la maladie à ses enfants. » Il précise que les tests génétiques sont recommandés aux personnes présentant des critères spécifiques, notamment des antécédents familiaux de cancers colorectaux ou de l’endomètre sur plusieurs générations.
Le vaccin expérimental, baptisé Nous-209, a été testé sur 45 porteurs sains du syndrome de Lynch. Les résultats de l’étude montrent que la vaccination est sûre, sans effets indésirables graves, et qu’elle induit une réponse immunitaire spécifique chez 100 % des participants. Cette réponse immunitaire était durable et détectable après un an chez 85 % des participants.
« Nous-209 s’est avéré efficace, au moins au cours de la première année d’observation. Bien sûr, nous avons besoin d’une confirmation, nous n’en sommes qu’au début, mais c’est une première étape importante car elle ouvre la voie à la possibilité de se faire vacciner pour éviter d’avoir un cancer, notamment chez les sujets jeunes et à risque de développer un néoplasme. »
Dr Carmine Pinto, directeur d’oncologie médicale au Comprehensive Cancer Center de l’AUSL-IRCCS de Reggio Emilia
Bien que moins connu que les gènes BRCA, rendus célèbres par les aventures de l’actrice Angelina Jolie et du mannequin Bianca Balti, le syndrome de Lynch est une maladie répandue et potentiellement très grave. Le développement de ce vaccin représente donc une avancée majeure dans la prévention du cancer chez les personnes à risque.
Pour en savoir plus sur les syndromes qui prédisposent à l’hérédité du cancer, vous pouvez consulter cette page.