Publié le 2025-10-02 14:03:00. De nouvelles recherches de l’Université de Tübingen remettent en question les stratégies traditionnelles de prévention du diabète de type 2. L’étude révèle que la normalisation de la glycémie, et non nécessairement la perte de poids, est le facteur clé pour éviter le développement de la maladie.
- La lutte contre le prédiabète peut réussir même sans perte de poids significative.
- La distribution des graisses, en particulier la graisse viscérale, joue un rôle plus déterminant que le poids corporel total.
- Les directives de prévention du diabète devraient intégrer davantage le suivi de la glycémie et de la répartition des graisses.
Le prédiabète, un état où la glycémie est anormalement élevée mais sans atteindre les seuils du diabète, touche des millions de personnes à travers le monde. Souvent asymptomatique, il passe fréquemment inaperçu, laissant les individus exposés à un risque accru de développer un diabète de type 2. Cette maladie, qui affecte déjà plus de 460 millions de personnes, peut entraîner des complications graves telles que des maladies cardiovasculaires et certains cancers.
Jusqu’à présent, les recommandations pour prévenir le diabète de type 2 chez les personnes atteintes de prédiabète se concentraient principalement sur la perte de poids par une alimentation saine et une activité physique accrue. Cependant, une étude menée sur le long terme par la Clinique universitaire de diabétologie, d’endocrinologie et de néphrologie de Tübingen, impliquant plus de 1100 participants, suggère une nouvelle perspective. Les résultats indiquent que même chez les participants n’ayant pas perdu de poids, voire en ayant pris, 22 % ont vu leur glycémie se normaliser suite à des changements de style de vie. Sur une période de suivi allant jusqu’à 9 ans, ce groupe a présenté un risque de développer un diabète de type 2 jusqu’à 71 % inférieur, un chiffre presque équivalent à celui des personnes ayant perdu du poids (73 %).
L’étude a particulièrement mis l’accent sur la distribution des graisses corporelles, distinguant la graisse viscérale (autour des organes internes) de la graisse sous-cutanée (juste sous la peau). Les graisses viscérales, connues pour libérer des substances pro-inflammatoires et perturber l’équilibre hormonal, sont directement liées à la résistance à l’insuline et au diabète de type 2. Les participants dont la glycémie s’est normalisée sans perte de poids présentaient une proportion moindre de graisse abdominale par rapport à ceux dont la glycémie est restée en zone de prédiabète malgré les modifications de leur mode de vie.
« La normalisation de la glycémie à jeun est l’objectif le plus important pour la prévention du diabète de type 2, et pas nécessairement le chiffre sur la balance. »
Professeur Andreas Birkenfeld, chef d’étude et directeur de l’Institut de recherche sur le diabète et les maladies métaboliques (IDM) du Helmholtz Munich à l’Université de Tübingen
« Le sport et une alimentation équilibrée ont un effet bénéfique sur la glycémie, que le poids soit réduit ou non. La perte de poids reste utile, mais nos données indiquent qu’elle n’est pas absolument nécessaire pour la protection contre le diabète », ajoute le Professeur Birkenfeld. Ces conclusions remettent en question l’approche unique centrée sur la perte de poids. Le Professeur Dr. Reiner Jumperttz-Von Schwartzenberg, co-auteur de l’étude, souligne :
« À l’avenir, les lignes directrices pour la prévention et le traitement du diabète de type 2 devraient non seulement prendre en compte le poids, mais surtout les schémas de contrôle de la glycémie et la distribution des graisses. »
Ces résultats suggèrent l’importance d’intégrer les valeurs cibles de la glycémie dans les directives cliniques. La réduction du prédiabète est effectivement la stratégie la plus efficace pour prévenir le diabète de type 2, et cette étude révèle que cela peut être partiellement indépendant de la perte de poids. Néanmoins, une activité physique suffisante et une alimentation équilibrée demeurent des piliers essentiels pour ramener la glycémie à un niveau normal.
Source : Hôpital Universitaire de Tübingen
Publication originale : Arvid Sandforth et al. ; Prevention of type 2 diabetes by prediabetes remission without weight loss ; Nature Medicine, septembre 2025, doi: 10.1038/s41591-025-03944-9