Publié le 15 février 2026 12:04:00. Une vaste étude menée en Corée du Sud suggère un léger risque accru de malformations congénitales chez les bébés nés de mères souffrant de maladies rénales, soulignant l’importance d’un suivi médical attentif pendant la grossesse.
- Les femmes atteintes d’insuffisance rénale chronique (IRC) présentent un risque légèrement supérieur de voir leur enfant naître avec une malformation congénitale.
- Ce risque est significativement plus élevé pour les mères souffrant d’insuffisance rénale terminale (ESKD).
- Une prise en charge multidisciplinaire et des conseils préconceptionnels pourraient améliorer les résultats pour les femmes enceintes atteintes de maladies rénales.
Une étude de cohorte nationale, portant sur plus de 2,6 millions de femmes ayant accouché entre 2008 et 2017, a permis d’évaluer le lien entre les maladies rénales maternelles et la survenue de malformations congénitales chez les nouveau-nés. Les chercheurs ont analysé les données fournies par le Service national coréen d’assurance maladie afin de déterminer si l’IRC et l’ESKD étaient associées à une probabilité plus élevée d’anomalies congénitales majeures.
Les résultats indiquent que la prévalence des malformations congénitales majeures s’élève à 4,79 % chez les nourrissons nés de mères en bonne santé. Ce chiffre augmente légèrement à 5,29 % chez les enfants de mères atteintes d’IRC, et atteint 9,65 % chez ceux dont les mères souffrent d’ESKD. Les malformations cardiaques congénitales sont les anomalies les plus fréquemment observées dans tous les groupes étudiés.
Après ajustement pour tenir compte de divers facteurs de confusion potentiels, l’étude confirme que les maladies rénales maternelles sont associées à un risque accru de malformations congénitales. Les mères atteintes d’IRC présentent une augmentation du risque légère mais statistiquement significative (rapport de cotes ajusté [aOR] 1,07 ; intervalle de confiance à 95 % 1,03-1,11). Ce risque est plus important chez les mères souffrant d’ESKD (aOR 1,71 ; IC à 95 % 1,16–2,52). Au sein du groupe ESKD, les femmes ayant bénéficié d’une greffe rénale présentent également un risque élevé (aOR 1,65 ; IC à 95 % 1,06–2,59), tandis que l’association n’est pas statistiquement significative chez celles sous dialyse.
Les auteurs de l’étude soulignent que, bien que l’augmentation du risque absolu liée à l’IRC soit relativement modeste, ces résultats sont cliniquement pertinents compte tenu de l’augmentation du nombre de femmes atteintes de maladies chroniques qui souhaitent avoir un enfant. Plusieurs facteurs pourraient expliquer ces observations, notamment la gravité de la maladie rénale, la présence de comorbidités, l’exposition à certains médicaments ou des modifications de la physiologie maternelle. Cependant, l’étude observationnelle ne permet pas d’établir un lien de causalité.
Les chercheurs reconnaissent certaines limites à leur étude, notamment l’utilisation de données issues du codage administratif et la possibilité d’une confusion résiduelle. Néanmoins, ils estiment que cette étude constitue l’une des évaluations les plus complètes à ce jour concernant le risque de malformations congénitales chez les enfants de mères atteintes de maladies rénales.
Ils concluent que des conseils préconceptionnels renforcés et une prise en charge multidisciplinaire pourraient contribuer à optimiser les résultats pour les femmes enceintes atteintes de maladies rénales. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre et identifier des stratégies de prévention efficaces.
Référence
Han SH et coll. Risque de malformation congénitale chez les nouveau-nés de mères atteintes de maladies rénales dans une étude de cohorte nationale. Commune Med. 2026;doi : 10.1038/s43856-026-01397-w.